Prendre la parole sur les réseaux sociaux peut servir la carrière d’un dirigeant. Mais à quelles conditions ? Le 12 décembre 2022, je réagissais à une publication consacrée aux effets possibles de Twitter sur les trajectoires professionnelles des cadres dirigeants. Ma réserve tenait en quelques mots : « à condition de bien choisir ses sujets et de mesurer ses prises de parole ».
Cette nuance compte. La visibilité peut ouvrir des portes, faire connaître une expertise et donner un visage à une fonction. Elle peut aussi exposer celui qui parle. Être davantage vu n’est pas, à lui seul, une stratégie de leadership digital.
#LeadershipDigital Prendre la parole sur twitter peut être gratifiant pour sa promotion; à condition de bien choisir ses sujets et de mesurer ses prises de parole. #PersonalBranding #LeaderVoice
— Fadhila BRAHIMI (@FBrahimi) 12 décembre 2022
Lire ma publication du 12 décembre 2022 sur X
Une visibilité professionnelle qui peut compter
La publication que je commentais relayait une étude sur les effets des tweets dans les carrières des cadres dirigeants. Ce qui m’intéressait n’était pas seulement la promesse d’une progression professionnelle : c’était le rapport entre une prise de parole publique, les sujets choisis et la perception de celui qui s’exprime.
Un dirigeant qui explique une décision, éclaire un enjeu de son secteur ou partage une conviction peut devenir plus identifiable. Son nom ne se réduit plus à une fonction sur un organigramme. Les publics peuvent découvrir sa manière de raisonner, de répondre et de représenter son organisation.
Mais une visibilité accrue ne dit pas encore si la parole est utile, pertinente ou crédible. C’est pourquoi je distingue la promotion d’une personne de l’influence réelle qu’elle peut exercer.
Choisir ses sujets, c’est aussi exercer son leadership
J’insistais en 2022 sur deux verbes : choisir et mesurer. Choisir, parce qu’un dirigeant n’a pas à commenter chaque actualité pour exister dans le débat. Mesurer, parce que ses mots peuvent être interprétés au-delà du public auquel il pensait s’adresser.
La prise de parole peut nourrir le Personal Branding du dirigeant, mais elle engage aussi sa responsabilité. Un sujet cohérent avec son expérience ouvre une conversation qu’il peut réellement soutenir. À l’inverse, multiplier les réactions pour gagner en exposition peut brouiller son positionnement.
Il ne s’agit pas de se limiter à des messages institutionnels. Une voix professionnelle prend de la valeur lorsqu’elle révèle un jugement, une expertise et une capacité à entrer dans la conversation, sans confondre spontanéité et improvisation permanente.
Une carrière ne se construit pas à coups de publications
Les réseaux sociaux donnent aux dirigeants la possibilité de prendre la parole autrement que par les canaux traditionnels. Cette possibilité mérite d’être travaillée, pas simplement exploitée comme un accélérateur de notoriété.
Le leadership digital demande une cohérence dans la durée entre les sujets défendus, la manière de les porter et les responsabilités exercées. Il peut renforcer la visibilité professionnelle d’un dirigeant ; il ne remplace ni la compétence, ni les actes, ni la confiance qu’ils inspirent.
La bonne question n’est donc pas seulement : « Est-ce que prendre la parole peut faire avancer une carrière ? » mais aussi : « Que fait-on de cette visibilité, et que dit-elle réellement de notre leadership ? »