Découvrir un produit sur TikTok, chercher un avis ailleurs, échanger dans une messagerie puis passer à l’achat sur un site : nos parcours numériques ne suivent pas une ligne droite. Cette dispersion des usages était déjà au cœur des questions que soulevaient les tendances du Web social à la fin de 2022.
Le 5 décembre 2022, je partageais sur Twitter une publication consacrée à ces évolutions et à des tendances associées à We Are Social. Je reviens ici sur ce que la fragmentation des plateformes change dans notre façon de découvrir, de chercher et d’échanger, sans projeter sur 2022 les concepts apparus ou popularisés depuis.
Voir la publication originale du 05/12/2022 sur Twitter
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Les parcours passent d’une plateforme à l’autre
Le Web social ne se réduit plus à quelques fils d’actualité. Selon ce que l’on cherche, on peut passer d’une vidéo courte à des avis, d’une discussion privée à un moteur de recherche, puis à un site marchand. Ces gestes paraissent ordinaires. Leur succession rend pourtant les parcours plus difficiles à observer depuis un seul canal.
Pour une marque ou une organisation, la question ne consiste donc pas à multiplier les comptes pour être présente partout. Elle consiste à comprendre les usages, les points de contact et la place que chacun occupe dans une décision. Une présence visible ne garantit ni une attention réelle ni une relation durable.
La recherche ne commence pas toujours dans un moteur
Google conservait une place centrale en 2022, mais la découverte d’un lieu, d’un tutoriel, d’un produit ou d’une recommandation pouvait déjà commencer sur une plateforme sociale. Une vidéo, une conversation ou un témoignage devenait parfois le premier contact avec une information.
Cette diversité des points d’entrée permet de comprendre pourquoi visibilité et référencement ne peuvent pas être pensés indépendamment des usages. Je parle ici des pratiques observables à l’époque, pas d’une anticipation de la GEO ou des réponses des intelligences artificielles génératives.
Ce qui circule en privé échappe aux indicateurs publics
Les groupes et les messageries compliquent encore la lecture. Une recommandation transmise dans un échange privé peut compter beaucoup pour la personne qui la reçoit sans laisser de trace visible dans les statistiques publiques. À l’inverse, une publication très commentée ne dit pas, à elle seule, ce qu’elle a changé dans les comportements.
C’est un point de vigilance qui reste utile : ne pas confondre les métriques accessibles avec toute la réalité d’une influence. Comprendre les conversations suppose aussi d’admettre qu’une partie d’entre elles nous échappe.
Garder la chronologie des transformations
Relire une publication de 2022 depuis 2026 invite forcément à reconnaître des continuités. Les parcours fragmentés, la diversité des espaces de recherche et la place des recommandations éclairent certaines interrogations actuelles sur la visibilité numérique. Mais les mots et les technologies d’aujourd’hui n’étaient pas ceux de cette publication.
Je préfère préserver cette distance. Une archive a de la valeur parce qu’elle garde la trace de ce qu’on observait à un moment précis, avant que les évolutions ultérieures ne rendent certains rapprochements évidents.