En décembre 2022, je relayais des tendances de recherche présentées par We Are Social : les réseaux sociaux étaient déjà devenus, pour certains usages, des portes d’entrée vers l’information. Ce déplacement avait commencé avant que les assistants d’IA générative ne s’imposent dans les conversations sur l’avenir de Google.
Publication X du 05/12/2022
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La question n’est pas seulement de savoir si Google sera remplacé. Elle est aussi de comprendre pourquoi nous ne passons plus systématiquement par le même outil pour chercher une information, une démonstration, un avis ou une personne.
Nous ne cherchons pas tous la même chose
Une définition, une adresse, un tutoriel ou un retour d’expérience ne répondent pas au même besoin. Le moteur de recherche généraliste reste utile, mais une vidéo peut mieux montrer un geste, tandis qu’une discussion entre utilisateurs donne accès à des expériences concrètes. C’est souvent l’intention de départ qui détermine le chemin emprunté.
Cette diversité des usages m’intéresse davantage qu’un classement des plateformes. Elle rappelle qu’une recherche ne se limite pas à saisir quelques mots dans un moteur : nous choisissons aussi un environnement dans lequel nous pensons pouvoir trouver une réponse adaptée.
Sur les réseaux sociaux, l’information arrive avec des personnes
Lorsque vous recherchez un avis sur une plateforme sociale, vous trouvez parfois une vidéo, une recommandation, des commentaires ou une conversation entière. La réponse ne se présente plus comme un simple résultat : elle est accompagnée de personnes, de réactions et de signes de réputation.
Ces éléments peuvent aider à apprécier une expérience, mais ils ne suffisent pas à établir sa fiabilité. Une recommandation peut être sponsorisée, un contenu très populaire peut être inexact et les mécanismes de classement influencent ce que nous voyons. La recherche sociale mêle information, réputation et influence. Ce mélange existait bien avant l’essor des réponses générées par l’IA.
Les IA s’ajoutent à des parcours de recherche déjà multiples
Avec une interface conversationnelle, nous pouvons poser directement une question et obtenir une réponse rédigée. Cela change la forme de l’accès à l’information, notamment parce que les étapes intermédiaires deviennent moins visibles.
Pour autant, les usages ne se déplacent pas tous dans la même direction. Selon ce que nous cherchons, nous pouvons préférer un moteur généraliste, YouTube, un réseau social, une plateforme marchande ou un assistant d’IA. Ces espaces ne rendent pas exactement le même service et ne présentent pas les mêmes garanties.
Pour être trouvé, encore faut-il comprendre où les publics cherchent
Pour les organisations, cette évolution oblige à regarder les pratiques réelles de leurs publics avant de choisir les canaux. Le référencement sur les moteurs reste important, mais il ne décrit plus à lui seul tous les chemins qui conduisent à une information, à une expertise ou à une marque.
Il ne s’agit pas d’être partout. Selon les sujets, il faut savoir où les publics formulent leurs questions, quelles sources ils consultent et quels éléments les aident à accorder leur confiance. La qualité des informations publiées et la possibilité de les relier à des sources identifiables restent essentielles, quel que soit le point d’entrée.
Relire cette publication de 2022 permet de replacer l’IA dans une évolution plus longue. Les réseaux sociaux avaient déjà modifié nos réflexes de recherche. Les assistants génératifs ajoutent une nouvelle interface à ce paysage, avec une question devenue centrale : comment évaluons-nous la fiabilité d’une réponse lorsque le chemin vers ses sources est moins visible ?