Fadhila Brahimi – Géostratège en influence numérique

Auto-branding : quand le marketing de soi devient trop visible

« L’auto-branding, c’est comme le botox : ça saute aux yeux, mais personne n’en parle. » Cette formule relayée dans un article de Technikart m’a fait rire. Je l’ai partagée le 13 juin 2019, parce qu’elle pointait avec humour une dérive du marketing de soi : quand la mise en scène devient plus visible que la personne.

Le trait est mordant. Il mérite pourtant qu’on s’y arrête. Travailler sa marque personnelle ne signifie pas s’inventer un personnage. C’est chercher à rendre plus lisibles son parcours, ses compétences et ce que les autres peuvent reconnaître de notre travail. Rien n’oblige à transformer chaque prise de parole en opération d’autopromotion.

Quand le marketing de soi prend toute la place

Le Personal Branding emprunte des outils au marketing : identifier un positionnement, comprendre ses publics, choisir comment se présenter. Ces outils ont leur utilité. Mais une personne ne se réduit pas à une promesse publicitaire.

À force de calibrer chaque message, de multiplier les signes de réussite ou de répéter les mêmes éléments de langage, on risque de rendre la fabrication de l’image trop apparente. C’est ce décalage qui me fait sourire dans la comparaison avec le botox : l’effort pour paraître finit par devenir ce que l’on remarque en premier.

La visibilité est un moyen. Elle ne constitue ni une compétence ni une preuve de crédibilité. Une publication peut attirer l’attention ; c’est l’expérience, le travail accompli et la reconnaissance accordée par d’autres qui permettent à une réputation professionnelle de tenir dans la durée.

Rendre son travail visible sans s’effacer derrière son image

Parler de ses réalisations n’a rien de honteux. Il faut parfois expliquer ce qu’on a fait pour que sa contribution soit comprise. La question est plutôt celle du rapport entre ce que l’on montre et ce que l’on apporte.

Une expérience racontée avec précision, un raisonnement partagé ou une contribution attribuée à ceux qui y ont participé peuvent en dire davantage sur une personne qu’une succession d’affirmations sur son excellence. Le Personal Branding gagne à s’appuyer sur des faits et sur une voix reconnaissable, y compris lorsque cette voix exprime des nuances.

La formule que j’ai relayée en 2019 n’était pas une condamnation du marketing de soi. C’était une manière de rappeler qu’il peut se retourner contre son objectif quand sa mécanique devient trop voyante. Une marque personnelle devrait aider à reconnaître la personne et son travail, pas obliger à regarder d’abord la mise en scène.

Retrouver ma publication du 13 juin 2019 sur X.