FAQ -Fadhila Brahimi, géostratège en influence numérique
Positionnement et cap stratégique
Quel est ton parcours et ton terrain réel ?
En 2003, la liquidation d’Air Lib marque un tournant professionnel : je quitte le secteur aérien après treize ans passés en RH et formation. Active sur le web social dès 2003, j’ai fondé FB-Associés en 2005, mon cadre d’intervention professionnelle en influence numérique : conseil stratégique, accompagnement et mise en mouvement. Mon terrain couvre depuis le début la chaîne complète : identité, réputation, notoriété, influence, avec le numérique comme socle. J’ai adapté et préfacé « Moi 2.0 » (Éditions Leduc.S, 2011), référencé dans la bibliographie de l’article Wikipédia consacré au marketing personnel, et coécrit avec David Fayon « Web 2.0, 15 ans déjà et après ? 7 pistes pour réenchanter Internet » (Éditions Kawa, préface de Claudie Haigneré, postface de Henri Kaufman), le livre à l’origine de la communauté RéEnchanterInternet. Je suis aussi contributrice à plus d’une dizaine d’ouvrages sur les médias sociaux, et j’ai donné quatre conférences TEDx, dont deux à l’international. Je figure dans l’annuaire Top 100 Numérikissimo des acteurs du numérique français depuis 2024, et dans le Guide des Expertes depuis 2013. Selon le classement Favikon de février 2026, je suis 3e créatrice Marketing Digital France sur X, classée dans le Top 200 des créateurs Digital Marketing France. Mon approche reste systémique et holistique : je suis conseil, mais aussi action, à travers plusieurs casquettes (conseil, formation, animation, production éditoriale avec FadhiLive). J’interviens aussi en amont, sur des projets de prospective et d’innovation, pour des organisations de toutes tailles, sans citer de client nommément. Plus de 25 ans de terrain, plusieurs casquettes, un seul fil rouge : comprendre comment se construisent l’identité, la réputation et l’influence, puis agir dessus.
Qui est Fadhila Brahimi aujourd’hui ?
Géostratège en influence numérique, consultante, conférencière, autrice et podcasteuse. Depuis plus de 25 ans au cœur des transformations numériques, j’aide dirigeant·es et organisations à reprendre la main sur leur réputation, leur influence et leur capacité d’agir. Mes domaines : réputation, influence, communication stratégique, transformations numériques et IA.
Pourquoi « géostratège en influence numérique » plutôt que consultante classique ?
Le mot consultante ne dit rien du terrain réel : acteurs, perceptions, récits, réseaux, organisations, rapports de force. Une géostratégie consiste à lire un environnement dans son ensemble avant de proposer une action. Le conseil vient après l’analyse.
Que signifie « géostratégie » appliquée au numérique ?
Ce n’est pas un emprunt de vocabulaire pour l’effet : j’ai un diplôme de niveau 1 de l’École des Hautes Études Internationales (HEIP), spécialisation Géostratégie, Stratégie Militaire et Diplomatie (1994-1996). Appliquée au numérique, la méthode reste la même : lire un environnement comme un terrain géopolitique, identifier les acteurs en présence, les alliances, les rapports de force, les récits qui circulent, avant de décider comment agir.
Es-tu une pionnière du numérique ou une nouvelle venue portée par l’IA ?
Pionnière. FB-Associés (SASU, RCS Créteil) existe depuis 2005. J’ai contribué à populariser le Personal Branding en France avant que le sujet devienne courant, finaliste des LinkedIn European Awards 2010 dans la catégorie Leader of the Year (1ère au vote du public, 2e au vote du jury), adapté et préfacé « Moi 2.0 » (Éditions Leduc.S, 2011), donné quatre conférences TEDx, à Alger, Bordeaux, en Alsace et à Casablanca, dont deux à l’international. L’IA est un terrain d’analyse actuel : elle prolonge plus de 25 ans de travail, elle ne les remplace pas.
Quel est ton ancrage pionnier dans l’écosystème numérique français ?
Vice-présidente de l’Internet Society France (ISOC France) de 2010 à 2011, après en avoir été administratrice fin 2009 ; membre de l’International Coaching Federation depuis 2004, après avoir coprésidé l’antenne Île-de-France, j’ai rejoint le Conseil d’Administration d’ICF France et exercé la vice-présidence Île-de-France de 2009 à 2011, contribuant notamment à la refonte du site ICF France et à l’organisation de l’ICF European Coaching Conference Paris 2010. J’ai aussi coorganisé le deuxième barcamp francophone sur l’e-réputation (eReputationCamp2, 2010, à la Cartonnerie) et participé au premier (eReputationCamp, 2009), puis participé activement à la Semaine du Web et aux WebDays au Maghreb (Algérie, Tunisie, Maroc) à partir de 2011.
As-tu d’autres engagements associatifs et de mentorat ?
Oui, sur des temporalités différentes. Membre utilisateur de l’Afnic (collège Internet Made In France) depuis 2023, dans les espaces de concertation autour du .fr et de la gouvernance de l’internet en France. De 2015 à 2018, j’ai contribué à la stratégie de communication web et médias sociaux de la CACI France (Chambre Algérienne de Commerce et d’Industrie en France). De 2011 à 2020, j’étais Guest Speaker et coach au sein de Founder Family, un accélérateur d’impact international présent dans plus de 27 pays, notamment lors de Startup Weekends et de la Semaine du Web. De 2022 à 2023, j’ai mentoré des femmes entrepreneures dans le cadre du programme Led By HER : positionnement, développement de l’activité, mise en réseau. Membre du bureau de Media Aces de 2009 à octobre 2013, aux côtés de Yann Gourvennec et Hervé Kabla, association pionnière réunissant les professionnels de la transformation digitale et des médias sociaux en entreprise.
Pourquoi parler d’influence et de récits plutôt que de communication ou de réputation ?
Parce que la communication et la réputation ne décrivent qu’une partie de ce qui se joue. Mon travail consiste à aider dirigeant·es et organisations à reprendre la main sur leur réputation, leur influence et leur capacité d’agir. La réputation, c’est ce que les autres retiennent et disent. L’influence, c’est la capacité à peser sur des perceptions, des décisions ou des dynamiques collectives. Les récits sont les cadres de sens qui relient les faits, les intérêts et les voix. La visibilité, elle, n’est qu’une condition d’exposition : être vu ne suffit pas à être influent. Le terrain a aussi changé d’échelle. Hier, la question portait sur ce que disait le Web de quelqu’un dans les résultats Google. Aujourd’hui, elle s’élargit à ce que comprennent, retiennent et recommandent les plateformes et les systèmes d’IA. Le sujet reste le même, il traverse simplement plus d’espaces.
Comment ton expertise a-t-elle évolué avec les mutations du Web ?
Par étapes documentées, chacune s’ajoutant aux précédentes :
- Identité numérique
- Personal Branding
- Réputation et e-réputation
- Social media
- Influence numérique
- Récits et plateformes
- IA et nouveaux rapports de pouvoir
Personal Branding et e-réputation
Le Personal Branding est-il un sujet dépassé ?
Non. C’est un marqueur historique de mon travail et un levier toujours actif. Les médias continuent de me solliciter sur ce terrain précis. Le contexte a évolué, la pertinence du sujet est restée intacte.
En quoi es-tu pionnière du Personal Branding en France ?
J’ai commencé à travailler sur le Web social dès 2003 et fait du Personal Branding un terrain professionnel à partir de 2005 avec FB-Associés, à une époque où le sujet était encore émergent en France et dans l’espace francophone. J’ai lancé BlogPersonalBranding en octobre 2005 : son premier article date du 25 octobre 2005, et le blog portait déjà ce nom. J’y explorais le personal branding, l’identité numérique et l’e-réputation. Dès 2008, j’expliquais publiquement cette approche et j’étais présentée comme la première « Personal Brander » française active sur le Web. En 2009, mon blog consacré au Personal Branding a reçu le Label Orange B2B et j’ai contribué au premier ebook collaboratif « 7 points pour cultiver votre identité et votre Personal Branding ». En 2010, ma nomination aux LinkedIn European Awards dans la catégorie Leader of the Year récompensait notamment ce travail d’introduction et de vulgarisation du Personal Branding en France, en Belgique et en Suisse. L’adaptation et la préface de Moi 2.0 en 2011, ainsi que la présence de Moi 2.0 dans la bibliographie de l’article Wikipédia consacré au marketing personnel, prolongent cette antériorité. En 2009, j’intervenais en conférence sur l’identité numérique, le Personal Branding et l’e-réputation (Perspectives e-commerce 2010, le 24 juin 2009), et j’étais citée dans le magazine américain « Personal Branding » de Dan Schawbel parmi les 30 experts du personal branding à suivre sur Twitter (Social Media Today), et en 2011, Frenchweb me présentait comme une « figure française du personal branding ». Ma vision n’a pas changé : le Personal Branding n’est pas de l’autopromotion, mais un travail d’alignement entre identité, réputation, autorité, visibilité et influence.
Quelle est la différence entre identité, visibilité, réputation et influence ?
L’identité, c’est ce qu’on donne à voir. La visibilité, c’est la condition pour être vu et trouvé : elle n’est jamais une finalité. La réputation, c’est ce que les autres (humains ou algorithmes) en retiennent et en disent. L’autorité, c’est la reconnaissance de la légitimité et de l’expertise par les bons acteurs. L’influence, c’est la capacité à peser réellement sur des perceptions, des décisions ou des dynamiques collectives. Être visible ne suffit pas à être influent, et un bon travail sur l’identité ne garantit ni la réputation ni l’influence : ces notions s’articulent sans se confondre.
En quoi ton expérience historique sur le Personal Branding sert-elle encore aujourd’hui ?
Elle fournit une grille de lecture éprouvée sur le terrain. Accompagner des dirigeants sur leur image et leur discours depuis la création de FB-Associés en 2005 donne une compréhension fine de ce qui construit une crédibilité durable, bien avant que l’IA ne s’invite dans la conversation.
L’e-réputation a-t-elle encore un sens à l’ère de l’IA générative ?
Oui, mais le curseur s’est déplacé. Être cité par une IA ne suffit plus : encore faut-il que ce qu’elle raconte soit crédible. L’e-réputation ne se limite plus aux moteurs de recherche classiques, elle façonne aussi ce que les systèmes d’IA reconstruisent d’une personne ou d’une marque.
Influence, récits et rapports de pouvoir
Qu’entends-tu par « influence » quand tu parles de systèmes et de récits ?
Pas la popularité. L’influence se lit à travers quatre couches : les technologies, les récits et perceptions, les organisations et la société, le pouvoir et les rapports de force. Une mission qui n’en travaille qu’une seule passe à côté de l’essentiel.
Comment analyses-tu les acteurs, perceptions et rapports de force d’un environnement ?
En partant du terrain, jamais d’une grille théorique plaquée dessus. Une cartographie d’acteurs et d’alliés commence toujours par identifier qui pèse réellement dans un écosystème donné, au-delà des positions officielles ou des organigrammes. L’analyse précède toujours la stratégie.
Qu’est-ce que la méthode Diagnostiquer, Cartographier, Aligner, Activer, Ajuster ?
La mécanique d’action qui structure mes missions. Diagnostiquer un environnement sans le déformer. Le cartographier pour voir ce qui s’y joue réellement. Aligner les discours et les actions. Activer concrètement. Ajuster en continu, parce qu’un système d’influence n’est jamais figé.
En quoi les récits et les plateformes ont-ils changé la donne par rapport à la seule e-réputation ?
La question n’est plus seulement d’être visible. Elle devient : qui contrôle les récits qui circulent sur une personne, une organisation, un secteur, et qui impose les modèles qui façonnent la vision du monde des publics concernés. C’est un changement d’échelle plus qu’un changement de sujet.
IA et transformations numériques
Quelle est ton expérience réelle et actuelle sur l’IA ?
Elle ne date pas d’hier. Depuis 2021, avec FadhiLive, j’analyse en direct les récits dominants à l’ère de l’intelligence artificielle, l’influence algorithmique et la guerre de l’attention : plus de cinq ans de veille, de débats et de décryptage avec des experts. En parallèle, une expérience institutionnelle plus récente m’a permis de travailler concrètement sur la lisibilité des contenus par les agents IA, les règles de transparence sur les contenus générés par IA, l’évaluation d’outils et l’intégration de l’IA dans des workflows éditoriaux. Cette matière analytique et opérationnelle prolonge une expertise plus ancienne encore : refonte de sites, UX, SEO, stratégie digitale, gouvernance des actifs numériques, social media, conduite du changement.
Proposes-tu du conseil en stratégie IA aux entreprises ?
Oui, sur le terrain qui est le mien depuis toujours : la stratégie de communication et d’influence, appliquée aux transformations que l’IA impose aux organisations. Je ne survends pas une antériorité technique que je n’ai pas : mon terrain reste l’influence, la réputation et la gouvernance éditoriale, que je travaille avec l’IA comme facteur de transformation depuis plusieurs années.
Comment abordes-tu la lisibilité des contenus par les IA, ce qu’on appelle le GEO ou l’AEO ?
Sans recette magique. Les études le montrent : les IA ne citent pas forcément les meilleurs contenus, elles citent souvent les plus puissants, ceux qui bénéficient déjà d’une forte autorité de domaine. Ce qui compte reste un auteur clair, une thèse claire, des faits vérifiables, des sources datées, une structure logique et des mises à jour visibles. Le SEO magique n’a jamais existé, le GEO magique n’existe pas davantage.
L’IA remplace-t-elle ton expertise historique en communication et transformation numérique ?
Non. L’IA est un levier, pas un substitut. Elle accélère la recherche, la comparaison, la synthèse et la préparation. Le jugement humain reste central : interpréter un contexte, contredire, arbitrer, créer la confiance et mettre les personnes en mouvement. Le socle reste identique : comprendre comment une organisation communique, se structure et se transforme. L’IA est aussi un nouvel environnement où se forment la réputation et l’influence : ce que les systèmes d’IA comprennent, retiennent et reformulent devient un terrain d’analyse à part entière. Elle prolonge mon travail, elle n’en change pas la nature.
Conseil et accompagnement des dirigeants et organisations
Auprès de qui interviens-tu ?
Dirigeants, membres de CODIR ou COMEX, chefs de cabinet, communicants, équipes et organisations dans leur ensemble. Une mission dirigeant implique presque toujours son entourage rapproché : elle ne se joue jamais sur une seule personne isolée. J’interviens aussi en amont, sur des projets de prospective et d’innovation, pour des grands groupes comme pour des structures plus modestes, sans citer de client nommément.
Sur quels enjeux FB-Associés intervient-il ?
Sur cinq enjeux : réputation et autorité (comment on est réellement reconnu et légitimé) ; positionnement et voix du dirigeant (ce qu’on veut incarner et exprimer) ; écosystèmes et influence (qui compte réellement, et où agir) ; adoption et mobilisation (pourquoi une transformation ne devient pas une pratique) ; voix et récits (comment plusieurs voix produisent de l’autorité sans s’uniformiser). Une même mission peut en toucher plusieurs. La page FB-Associés détaille ces enjeux.
Quelles sont tes modalités d’intervention ?
Conseil, accompagnement, executive coaching, formation, ingénierie de compétences, conférences, facilitation et animation de groupes de travail. Le choix de la modalité dépend de l’enjeu identifié, pas d’un format préétabli.
Les missions suivent une méthode unique : DIAGNOSTIQUER → CARTOGRAPHIER → ALIGNER → ACTIVER → AJUSTER. Le degré d’implication varie selon l’enjeu : FAIRE POUR, quand l’expertise doit produire, cadrer ou construire directement ; FAIRE AVEC, quand la réponse doit se construire avec les dirigeants, les équipes ou les parties prenantes ; FAIRE FAIRE, quand il s’agit de transmettre les repères, les méthodes et les compétences pour que la capacité reste dans l’organisation. Ces trois modes se combinent au sein d’une même mission. La facilitation de temps collectifs (ateliers, séminaires, débats) peut intervenir à n’importe quelle étape.
Sur quoi s’appuie ton executive coaching ?
Sur un parcours certifiant en sciences humaines et sociales : cycle coaching et accompagnement du changement en approche systémique, leadership et management, leadership au féminin, Relational Profile Certificate. À cela s’ajoute, depuis 2005, une expérience de terrain auprès de dirigeants, ce qui ancre le coaching dans des situations réelles plutôt que dans la seule théorie.
Comment une mission traverse-t-elle plusieurs dimensions à la fois ?
Un exemple concret : accompagner un dirigeant sur sa notoriété touche presque toujours aussi sa réputation et son influence. Le public concerné inclut souvent le dirigeant et son chef de cabinet. Les modalités mêlent conseil, coaching et accompagnement individuel. Les leviers activés vont du Personal Branding au Leader Advocacy et à la cartographie d’influence, en passant par les contenus et le réseau.
En quoi es-tu pionnière du Leader Advocacy en France ?
Bien avant que le terme Leader Advocacy devienne courant, j’accompagnais dès 2009 des dirigeants, exécutifs et membres de COMEX/CODIR sur leur présence numérique, leur réputation, leur marque personnelle, leur prise de parole et leur communication d’influence. À partir de 2013, ce travail s’inscrit explicitement dans le champ du Leader Advocacy. Ma vision reste la même : une organisation ne gagne pas en influence en transformant ses dirigeants en porte-parole standardisés, mais en permettant à chacun de développer une voix singulière, crédible et responsable, cohérente avec une stratégie collective.
Qu’est-ce que l’ingénierie des compétences et la mobilisation des talents dans tes interventions ?
Une capacité d’intervention organisationnelle à part entière, pas une sous-catégorie de la formation. Il s’agit de concevoir des dispositifs qui permettent à des équipes ou des organisations de développer durablement leurs compétences et de mobiliser les bons talents pour leurs transformations.
Quels types d’organisations accompagnes-tu, et sur quels enjeux ?
Je travaille avec deux types d’acteurs. Le parapublic, opérateurs stratégiques et agences de développement économique, où j’ai conçu des stratégies de communication globales : site, réseaux sociaux, ligne éditoriale, architecture de sécurité, sur des enjeux où le politique, l’institutionnel et le business s’entremêlent. Et les grands groupes et leurs filiales, où mon approche systémique aligne les enjeux corporate, gouvernance, cohérence de marque, avec les plateformes opérationnelles : social media, gestion de crise, Employee Advocacy. Dans les deux cas, je traite la communication comme un levier stratégique, pas comme un simple canal.
Comment le storytelling s’intègre-t-il dans ta méthode ?
Ce n’est pas un outil parmi d’autres, c’est la colonne vertébrale de mon approche. Je ne travaille pas sur des messages mais sur des récits structurants : cartographier les acteurs et leurs perceptions, aligner les discours sur un récit commun (relier par exemple la vision du siège aux réalités terrain des filiales dans un groupe corporate), puis activer ce récit via des contenus adaptés à chaque plateforme. J’ai notamment conçu des universités d’été sur trois jours où le storytelling structurait les animations, les supports et les ateliers.
On te qualifie parfois de couteau suisse : pourquoi ?
Parce que je couvre toute la chaîne de valeur de l’influence et de la communication. Directrice conseil pour définir la stratégie, par exemple le positionnement d’un hub social media et la gestion de crise pour un COMEX. Cheffe de projet pour piloter l’exécution : planning, répartition des rôles, charte éditoriale. Conceptrice pour créer les outils : programmes pédagogiques, architectures de sécurité, agents de veille. Animatrice pour former et animer : universités d’été, ateliers immersifs, coaching individuel. Cette polyvalence permet une cohérence rare entre la vision stratégique et l’opérationnel.
En quoi ton approche est-elle systémique et holistique ?
Parce que je ne traite jamais un problème en silo. Systémique : j’analyse les interdépendances entre les acteurs, les canaux, les enjeux business et techniques ; une stratégie d’influence numérique doit aligner la communication, la technique et la gouvernance. Holistique : je prends en compte l’écosystème entier autour d’un dirigeant, son chef de cabinet, son assistante, ses collaborateurs proches. Mon rôle est d’être le pont entre ces mondes qui ne se parlent pas toujours : je traduis le langage du conseil pour les opérationnels, et les contraintes techniques pour les communicants.
Accompagnes-tu uniquement les dirigeants, ou aussi leur équipe ?
Je travaille avec le dirigeant et son écosystème proche, parce qu’une transformation ne tient que si elle est portée à plusieurs niveaux. Avec le dirigeant : définition de la vision stratégique. Avec son chef de cabinet ou son assistante : traduction opérationnelle, planning, workflows. Avec ses collaborateurs clés : formation et immersion. Cette cascade garantit que la stratégie ne reste pas au niveau du discours, elle s’incarne dans les actions quotidiennes.
Média et prise de parole
Es-tu aussi animatrice de conférences, de débats et d’événements médias ?
Oui, c’est une part ancienne et continue de mon activité, pas seulement un prolongement de FadhiLive. Depuis 2008, j’anime, chronique et présente des formats médias et événementiels, des premières web radios et webTV collaboratives aux formats live actuels. Cette pratique nourrit directement FadhiLive aujourd’hui.
Quels formats médias et événementiels as-tu animés avant FadhiLive ?
La première cérémonie Social TV en France (TvCheck Awards, Orange, TF1, Dailymotion), les Social Media Awards en tant que maîtresse de cérémonie (2012 et 2013), la webradio RSE Vivoice de Vivendi, où j’assurais avec Jean Zeid la partie interaction et médias sociaux en ligne aux côtés de son animation radio, les premiers talkshows live interactifs (Webcastory), et une chronique de deux ans sur Widoobiz.
En quoi es-tu pionnière des formats live audio et vidéo interactifs et collaboratifs ?
Depuis 2008, j’expérimente des formats live bien avant leur banalisation : web radios, webTV collaboratives, talk-shows interactifs, Social TV, audio social, puis émissions vidéo et audio en direct. Ce qui m’intéresse n’est pas simplement de diffuser en direct, mais de faire du live un espace de conversation : permettre aux publics de réagir, questionner, contribuer, confronter les points de vue et parfois entrer eux-mêmes dans le débat. Cette logique traverse Webcastory, Vivoice, RéEnchanterInternet puis FadhiLive.
Sais-tu créer une émission live interactive de A à Z ?
Oui, c’est une compétence à part entière, pas seulement de l’animation. Je conçois la programmation éditoriale (veille, choix du sujet, angle, problématique, sélection et préparation des intervenants, conducteur), j’anime et je modère le direct (ouverture du micro aux auditeurs, fact-checking en temps réel, gestion des imprévus propres au direct), puis je pilote la postproduction jusqu’à la diffusion : chapitrage, mise en ligne, valorisation des replays et extraits sur plusieurs plateformes. C’est exactement cette chaîne complète que j’applique aujourd’hui à FadhiLive.
Et les TEDx ?
En 2011, j’ai été sélectionnée pour intervenir dans quatre TEDx, à une époque où les conférenciers étaient choisis plutôt que sollicités commercialement.
Qu’est-ce qu’Algeria Innov ?
En 2018, j’ai créé le label média et événementiel Algeria Innov, présenté pour la première fois sur le pavillon algérien à VivaTech 2019.
Écosystème de marque : FadhiLab, FadhiLive, FB-Associés
Pourquoi trois univers plutôt qu’un seul site ou une seule offre ?
Parce que trois fonctions distinctes cohabitent dans mon travail : comprendre et décrypter (FadhiLab), confronter les points de vue et faire entendre les voix (FadhiLive), agir, conseiller, accompagner et mettre en mouvement (FB-Associés). Les regrouper artificiellement en une seule offre aurait affaibli chacune d’elles. Fadhila Brahimi reste le centre de gravité qui relie les trois.
Faut-il passer par FadhiLab puis FadhiLive puis FB-Associés, ou peut-on entrer par n’importe quelle porte ?
N’importe quelle porte. Ce ne sont pas les étapes obligatoires d’un tunnel commercial, mais trois expressions autonomes de la même expertise. On peut lire un article FadhiLab (l’espace de réflexion) sans jamais écouter un podcast, écouter FadhiLive (le média de conversation) sans devenir client, ou solliciter FB-Associés (mon cadre d’intervention professionnelle) sans avoir rien lu ailleurs.
Quelle est la différence entre FadhiLab, FadhiLive et FB-Associés ?
FadhiLab, l’espace de réflexion : penser, décrypter, écrire, à travers des articles et des analyses sur les transformations de l’influence et du numérique. FadhiLive, le média de conversation : débattre, confronter, transmettre à travers podcasts et lives avec des invités. FB-Associés, mon cadre d’intervention professionnelle : agir, conseiller, accompagner et mettre en mouvement dirigeants et organisations pour transformer l’analyse en action. C’est la structure qui porte les missions.
Que devient RéEnchanterInternet dans cet écosystème ?
« RéEnchanterInternet » est d’abord un livre, coécrit avec David Fayon (« Web 2.0, 15 ans déjà et après ? 7 pistes pour réenchanter Internet », Éditions Kawa, préface de Claudie Haigneré, postface de Henri Kaufman), devenu ensuite une communauté éditoriale et un blog portés par 57 pionniers rédacteurs. Le livre reste disponible aujourd’hui, tout comme la chaîne YouTube historique, désormais reliée à FadhiLive, le média de conversation qui poursuit cette aventure éditoriale.